Liberté relative

Si on y regarde bien on n’est pas libre !

Comparé au fourmis aux oiseaux à n’importe quel animal, l’homme est seul à devoir présenter des papiers pour passer une frontière, pénétrer une propriété privée. Pire, il doit demander la permission pour avoir droit à une activité vitale. Non pas que la liberté animale soit enviable: Après tout la liberté du loup ou d’un canard sauvage s’accompagne du risque d’être tiré sans justification aucune. Toujours est-il que l’être humain pour avoir poussé très loin les limites de sa nature s’est retrouvé contraint à une liberté toute relative. Comme on dit, une liberté qui s’arrête là où commence celles des autres. (Or, en regard de la position d’homo sapiens sapiens au sommet de la pyramide alimentaire, nos terrains de chasse ne sont pas proportionné, notre prochain est bien trop proche.)

Donc la liberté naturelle du chasseur-cueilleur à qui la nature est donnée comme une ressource généreuse et d’apparence inépuisable s’est trouvée bridée. Par son efficacité et sa trop grande prolifération, homo s’est trouvé contraint d’organiser la façon de puiser les ressources par un maillage de règles couvrant petit à petit l’ensemble de la planète. C’est la vie sociale, la propriété (privée ou pas), c’est la politique. Si bien que dès la naissance au lieu d’être riche comme un goéland dont l’horizon est vaste et dégagé, le petit homme arrive au monde endetté et contraint de lutter ne serait-ce que pour trouver quelle seront ses moyens de subsistance.

Ainsi la société est une sorte de prison pour l’homme, un instrument qui contredit sa nature. Pourtant, chacun devrait pouvoir bénéficier de sa part minimale de ressources pour assurer sa subsistance. Ne serait-ce qu’un lopin de terre (à défaut d’un véritable terrain de chasse). Ce minimum devrait être un droit. Mais ce droit n’étant pas réalisable (en raison de la propriété privée et d’une relative surpopulation) la société se doit de fournir une compensation à cette aliénation fondamentale.

Pour moi, c’est là l’esprit du revenu de base. La reconnaissance d’une dette de l’organisation sociale envers les personnes qu’elle administre. Une compensation du vol que représente la propriété privée.

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Vous aimez Philipp K. Dick ? Résistez aux Simulacres !

Je ne rappelle plus si c’est ce livre (Simulacres) ou peut-être Ubik qui m’inspire ce rapprochement. Mais une des obsessions de Philipp K. Dick est cette idée de machination politique: des systèmes de pouvoir qui pervertissent le libre arbitre de l’électeur se croyant en démocratie. Ses livres sont truffés de pantins fabriqués (souvent avec des noms germaniques), des marionnettes mise-au-pouvoir des simulacres.

Je ne sais pas pourquoi, mais tout ces soutiens à Macron (au mépris de l’opinion de l’électorat de gauche qui avait choisi Hamon) m’évoquent immanquablement ces références là. Soyons fort et résistons à ce qu’on veut nous faire gober. Ne cédez pas à la manipulation du spectre de la radicalisation. Les extrèmes ne sont pas à droite ou a gauche. L’extrème c’est l’extrême-libéralisme. Sur cette échelle là on ne peut pas aller plus loin que le simulacre d’En Marche.

J’ai oublié pourquoi j’aimais le cinéma!

Il a pourtant occupé de nombreuses années de ma vie: Je m’étais donné 10 ans pour réaliser un film à mon idée. J’ai saisis toutes les occasions possibles pour m’approcher de projets d’autres pour peaufiner le mien. J’ai même étudié un peu d’histoire un peu de technique scénaristique, je me suis enflammé pour une technique de projection qui n’a finalement pas révolutionné le cinéma. Régisseur, photographe de plateau, assistanats, parrainages, … mais jamais payé.

Rien que du banal. La réalité économique a fait que les cercles que je faisais autour du coeur de mon ambition n’ont fait que de m’en éloigner et c’est plusieurs fois dix ans qui sont passés ainsi.

Il faut dire que le coeur de l’affaire n’a jamais été clairement défini. Dans le fond, je n’ai jamais su exactement ce que je souhaitais raconter. Il a fallu plusieurs fois que je me bricole des projets par soucis de cohérence. Mais si j’ai pu tromper quelqu’un ce n’est pas moi. Le fait de vouloir réaliser les films tenait probablement plus au fait que je me sentais bien dans une salle de cinéma et que je ne me sentais pas capable de jouer la comédie.

La vie est étrange, mon amour du cinéma comme spectateur s’est affadi au point qu’il est devenu rare aujourd’hui qu’un film m’emballe. Je commence même à trouver des défauts aux maîtres que j’ai pu aduler. Est-ce que mon exigence s’est accrue, est-ce que je vois trop les ficelles? Ou ma passion elle-même était-elle fabriquée ? Au sortir de l’adolescence on ne cesse de chercher sa place, moins pour affirmer qui ont est profondément, que pour se conformer à ce qui est attendu. Ce désir de cinéma n’était-il pas finalement qu’une initiative supplémentaire pour se rendre plus désirable au regard de mes pairs ? C’est tout à fait possible.

Telle est ma réalité, rien d’objectif ou de palpable. Juste un énorme jeu dont je ne suis pas sûr d’avoir bien compris les règles.

Ma réelle ambition au final n’était peut-être pas le cinéma en soi mais juste la maximisation de la qualité de bienveillance des regards portés sur moi. Le même rêve naïf des participants aux jeux de télé-réalité: exister dans le regard d’autrui?

Non, en fait je prends encore trop de pincettes, plus j’y pense plus je me dis que au plus profond de moi je le sais: il n’y avait là rien de sincère juste un rôle que j’ai cru devoir tenir: C’est simple. La comédie humaine exige qu’on ait une ambition. Les adultes vous parlent de ce que vous ferez plus tard, bientôt vos amis s’y mettent eux aussi, et peu à peu l’étau se resserre et vous comprenez qu’il va vous falloir faire un pas qui n’a rien de volontaire mais qui risque pourtant bien d’avoir un caractère décisif. « Que feras-tu? » Voilà la question à laquelle il a bien fallu répondre!

L’air de rien, cette question toute bête pourrait bien être celle qui en pousse au suicide. Ou plutôt c’est là le sens du choix demandé. Si finalement on ne prend pas part, si on ne sais pas choisir, tenir un rôle quel qu’il soit, … Bref, si on refuse de répondre à cette injonction, la seule alternative est une passivité socialement intolérable, équivalente à la mort.

C’est le cynisme du timide, de l’indécis, de l’homme sans qualités: Rien que des choix par défaut! Une vie de bâtie sur des mensonges nécessaires!

Si une issue existe ou a existé, elle ne m’apparaît pas aujourd’hui. D’ailleurs, bizarrement mon moi ludique semble s’en accommoder pas trop mal, c’est un peu si un autre moi distancié me regardait et jouait une partie de go ou aux échecs. Il pourrait essayer d’analyser les règles à fond et jouer le meilleur coup, le coup “sincère ». Mais devant cette complexité, par économie, il semble préférer hypocritement confier mon petit pion au hasard d’une stratégie juste plausible !

Zombie for president

En ces temps électoraux, une de mes vieilles idée me revient et vient de prendre une nouvelle forme.

C’est peut-être la courte « retraite » annoncée par Nicolas Sarkozy au moment de son élection (qui dans les faits s’est trouvée muée en croisière de luxe) qui a démarré cette réflexion, l’idée que pour éviter toute malversation il faudrait associer à la fonction présidentielle une forme de renonciation à la vie civile. La présidence reviendrait à prendre les ordres de façon quasi monastique. L’idée était que l’élu se retrouve dans l’impossibilité d’utiliser sa position pour s’enrichir. Il fallait donc qu’il cède toute propriété et qu’il n’ait plus aucune possibilité de conserver la moindre fortune.

L’idée folle qui vient de me venir c’est qu’une façon de régler ce changement de statut serait de tuer le président. Pas violemment, bien entendu, comment pourrait-il servir son pays, juste au niveau légal: Limpide, non ? La mort sociale du président permettrait de régler à l’avance toutes les questions de succession. Tous ses biens seraient distribués exactement comme s’il était bel et bien mort !

Dès lors, sa vie entière serait réglée par une pension à vie. Généreuse et prestigieuse (statut présidentiel oblige) mais dans le fond pareille à la pension d’un animal de luxe !

L’idée me plait bien, pas sûr qu’elle plaise à nos élus, d’ailleurs c’est un peu le but: réserver cette fonction aux personnes réellement capable de faire don de soi !

« Zombie for president ! »  

Abstraction du social (brouillon de pensée)

Quelques lectures et visionnements récents se télescopent dans ma tête et me font tirer quelques parallèles intéressants entre autisme et l’abstraction que constitue la vie des hommes.

Donc cet été j’ai amplement écouté les dernières conférences de Michel Onfray dans le cycles de la Contre-histoire de la philosophe notamment quelques une où il critique le structuralisme. En très résumé, il reproche au structuralisme d’être coupé de la réalité. En tout cas de produire des idées nihilistes peu utiles dans la vraie vie.

En tout cas, tout ceci ma fait découvrir ce courant de pensée que j’ai subi sans le connaître depuis les années 80. Les incitations à communiquer, l’analyse des signes et les codes, l’intersubjectivité, ce sont tous des joujoux de structuraliste. A y repenser ce courant de pensée à influencé jusqu’à mes choix de carrière, ayant privilégié la communication au lieu de la science, qui aurait été mon destin naturel.

Le structuralisme, s’il est coupé de la réalité matérielle, c’est peut-être par ce qu’il s’intéresse exclusivement à l’abstraction qu’est la vie sociale ?

Car la société n’est elle pas un fiction totale reposant sur de pures inventions? Des constructions qui pourtant régissent la vie humaine dans ses moindre détails ? L’argent, la propriété, les frontières, la dette, la réputation, les diplômes, les contrats … Toutes ces notions n’ont de valeur que celle qu’on leur prête et ne représente en somme qu’un monde virtuel qui se superpose au monde réel. Il me parait évident que le monde tel qu’il est vécu par une fourmi, un oiseau ou un champignon, n’est pas du tout le même.

Cette réalité sociale est incroyablement puissante puisqu’elle régit nos vies par des règles de plus en plus complexes. Ce monde complètement construit et artificiel a pourtant la capacité de défaire des carrières et à pousser des gens au suicide.

Hypothèse: est-ce qu’un autiste n’aurait pas justement un problème avec le partage de cette folie collective ? (Je pense surtout aux Asperger). Il donne l’impression d’être ailleurs, il ne comprend pas les codes sociaux, les expressions faciales, les conventions, ce qui se dit ou pas. Est-ce qu’il se pourrait que c’est sa connexion au réel (avec ses obsessions des roues qui tournent, ou des interrupteurs) qui perturbe son sens social ? Est-ce que l’esprit envahi par les expériences sensorielles trop intenses (hypersensibilité aux bruits, odeur, etc.) il lui soit impossible de rester focalisé sur les seuls signes qui font du sens.

En effet, en apprenant une langue, un bébé doit apprendre à gommer les sons qui ne sont pas significatifs dans sa langue, jusqu’à devenir incapable de les entendre. De la même façon, nous désapprenons le monde réel pour ne nous concentrer que sur ce qui est utile pour notre fonction sociale. Un investisseur ne verra plus derrière un investissement que le rendement financier et pas la fourmilière d’activité de l’entreprise qu’il finance. Un conducteur doit se concentrer sur les panneaux de circulation et les autres véhicules et peinera à apprécier le paysage et ne s’intéressera pas à priori aux espèces végétales du bord de la route.

L’autiste serait un étranger au monde artificiel du structuralisme ?

Complément nombriliste:

Bien évidemment, quand on philosophe on parle toujours un peu de soi et je n’y coupe pas.

Ainsi, dans mes introspections, depuis longtemps, je m’identifie à un autiste. Par contre, si c’est vrai (si l’autisme est vraiment une maladie qui peut-être objectivement identifiée et que j’en suis atteint), il est évident que je suis un autiste qui a su se soigner, puisqu’il y a certaine caractéristiques typiques de l’autisme que je ne possède pas du tout. Je développerai peut-être une autre fois.

Mais, je suis justement ce conducteur qui se laisse perturber par l’identification d’une espèce invasive sur les bords d’une autoroute. Je suis l’auditeur lunatique à qui il faut systématiquement répéter la première phrase, juste le temps que je rebranche le filtre de l’écoute (si possible celui qui correspond à la langue qui est parlée). Je suis aussi celui qui est bloqué dans une démarche à entreprendre par le gouffre des conséquences variables possible de cet acte.

Je subis donc, au quotidien, une espèce d’envahissement du réel et de l’insignifiant qui est handicapant dans l’efficacité de mes obligations sociales (travail, vie de famille, vie citoyenne). Et pourtant, je n’ai pas du tout envie de renoncer à ce handicap.

Shovanec ne voit pas son autisme comme une maladie, mais comme une part essentielle de sa personne.

Je suppose que c’est à peu près pareil pour moi: J’aurais peur de me perdre en me soumettant à la norme de l’efficacité. J’ai probablement bien trop transigé par le passé !

Kanji Crush

Quelques mots en anglais sur la couleur actuelle de mes procrastinations.

On reste dans la veine suivie depuis que je suis tombé sur la mémorisation par répétitions espacées. (Ces mots étaient initialement adressés à un joueur d’échecs norvégien qui n’est pas champion du monde et qui ne se prénomme pas Magnus.)

« […]

My distraction, at the moment is quite different: I call it « Kanji Crush ».
I took a sort of silent personal challenge of learning the most used Kanji letters on cerego.com.

It started off slowly in october 2014 with the primary school « jōyō kanji » (https://cerego.com/sets/720623 and https://cerego.com/sets/720646). That’s 240 Chinese characters. I was fascinated by this rather easy memorizing of 10 times our alphabet in a rather short timespan and using only a few minutes twice a day.

So I moved on with jōyō Grade 3 and 4, which I added in spring (640 in total).

Then I discovered Remember the Kanji: https://cerego.com/series/3949. That’s a different approach for attacking Kanji in a progressive way starting with elementary radicals and and building more complex letters like LEGO.

Two weeks ago I finished the first step of memorizing the 1247 characters provided by Eleni Roumpou so I had to complete the work and added the following letters. My 6 lessons are here: https://cerego.com/series/4141.

My stupid challenge now, is to have the 2042 RTK Kanjis at level 2 in october 2015.
THE ONE YEAR KANJI CRUSH CHALLENGE.

That’s it I definitely made a fool of myself. Did I tell you, I don’t even plan to learn japanese or any other asian language. No holiday planned. Nothing at all. A complete fool. 🙂 But, hey, it’s at least as much fun as 800 or whatever the number of Candy Crush levels there are ! « 

Complément d’enquête

Il me reste une impression d’insatisfaction de mon entrée sur la « densité d’information ». La sensation de m’être laissé emporté vers mes clichés habituels sans développer l’image forte de ce flux d’information plus ou moins dense qui nous abreuve. Des images de robinets et de soif. Une soif que rien ne parvient à étancher. Je n’ai pas fait non plus de distinction entre la qualité et la quantité de nouveautés exigée par ma bête intérieure. Il y a aussi à dire sur le caractère quasi addictif de cette quête. Ce n’est pas vraiment une soif de connaissance mais plutôt comme un vide à remplir. Quelque chose de l’ordre de la boulimie!