Mai 68 au service du marché

Mai 68, par certaines de ses revendications a blousé nos consciences. En tout cas, dans mon parcours, les échos de ces événements ont contribué à me détourner de ce que j’aurai pu accomplir.

En effet, il y a une part d’individualisme, d’instantanéité du désir, du « tout-tout de suite », dans les slogans de cette époque. Un encouragement à suivre des chemins égoïstes.

Ainsi, arrivant à l’âge adulte en 85, j’avais pour ma part l’illusion de n’être attendu de personne, de n’avoir à me soucier que de ce qui pouvait me faire plaisir dans ma carrière. Tout était sous contrôle, mes aïnés avaient déjà accompli l’essentiel en établissant l’égalité des sexes, ayant anéanti le racisme. Exprimé ainsi, c’est plutôt naïf, mais il ne s’agit de que non-dits, c’était l’esprit de l’époque, le Zeitgeist, et pas le fruit d’une véritable réflexion consciente !

Ce vent de liberté (tout à fait réel), permettait à chacun de suivre sa voie: punk, ska, gothique, new age, alternatif, encourageait la jeunesse à la création, aux carrières dans le tertiaire: communications, services, tout ce qui est superflu. Il faut dire que tout était déjà pris. « Laissez-nous produire, commercer, exploiter les ressources, on n’a pas besoin de vous. Tout est sous contrôle ! » Dans la rationalité et l’automatisation.

Un minimum d’attention aurait permis de se rendre compte que cette apparente libération des moeurs et des individualités allait de pair avec une libéralisation de l’économie. Si on y réfléchit bien, l’atomisation de la société en petites niches sert surtout à segmenter le marché. Par exemple le groupe punk le plus marquant, les Sex Pistols n’était rien d’autre qu’un boys band pour marché émergeant monté de toute pièce par un homme d’affaire opportuniste, Malcolm Mc Laren.

Ainsi, tout ce qui est dit indépendant, alternatif cache souvent un simple « ciblage » marketing. De façon analogue à ce qui se passe dans 1984 ou Orwell imagine un régime qui organise sa propre résistance (pour mieux la contrôler), le marketing prévoit lui aussi son marché parallèle de contre-culture étiqueté « anti-marketing ».

En somme, l’individualisme proné par mai 68 sert surtout à rendre le simple péquin esclave de ses désirs. C’est une forme de garantie contre l’organisation d’un contre-pouvoir: si chacun poursuit sa voie sans se soucier des autres, comment pourrait-il lutter contre les pouvoirs du marché qui en parallèle s’organisent à des échelles dépassant de beaucoup celle des gouvernements?

En guise de conclusion de ce début de réflexion, le rouquin symbole de cette révolution du désir, ne se dit-il pas lui-même Libéral-Libertaire?

Il était temps qu’une nouvelle génération se soulève et prenne la parole.

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