Dieudonnite la rechute

En écrivant, en novembre mon appel au secours, je pensais me débarrasser d’une obsession de 10 ans sur le cas Dieudonné. Par autodérision, j’y exprimais le malaise que suscitent en moi les alliances du personnage avec d’autres malades comme Soral ou Le Pen.

Même, j’étais presque prêt à me complaire à croire que les ligues antiraciste combattent bel et bien tous les racismes. Prêt à fermer un peu les yeux sur les inégalités de traitements.

Mais c’était compter sans Manuel Valls et le nouveau besoin du gouvernement français actuel, de se refaire une image. Un peu de grandeur, un combat consensuel qui rassure la majorité et ou le bon côté est clairement identifiable.

Donc, juste au moment ou je me désintéressais des caricatures trop grotesque de Dieudonné, voilà que les deux sphère politique et médiatique se mettent à taper à l’unisson sur le triste clown. Graduellement: D’abord par l’interprétation de la quenelle, pour obliger les loups à se montrer. Puis en crescendo, les démarches judiciaires, pour annuler une-à-une toutes les dates d’une tournée, si possible à la dernière minute, avec la claire intention de nuire au portefeuille de la production (contrainte de rembourser les entrées de spectacles pour des salles qu’elle a déjà louées).

Les énergies investies dans ce combat sont assez incroyable des 2 côtés. Non seulement des avocats très compétents, mais des spécialistes des nouveaux médias, qui non seulement arrosent les forums que sont Twitter, Facebook, Youtube, mais réussissent des coups de force de piratage comme la fermeture de Dieudosphere.com d’un côté ou le détournement du site JSSnews de l’autre. Il serait intéressant de creuser quelles sont les motivations des petits génies qui ont accompli ces savants travaux de sabotage.

En tout cas, ça y est, me voilà en pleine rechute en cette rentrée 2014. Et ce n’est plus seulement moi, mais toute la France (et les actualités internationales) qui découvrent le combat médiatique que se livrent anti-sionistes contre anti-négationniste. Un combat écoeurant ou chacun accuse l’autre de ses propres défaut: Dieudonné serait plus juif que son compère Elie (évasion fiscale, marchandisation et produit dérivés). De son côté lui accuse le Crif de faire de la concurrence victimaire alors qu’il ne fait pas autre chose.

On est dans une double mise-en-scène qui ne profite qu’aux extrêmes. Une pub inespérée pour Dieudonné et une action d’éclat pour le pourfendeur de Roms en mal d’image. Aujourd’hui une bataille à été gagnée en apparence par Valls et le gouvernement qui le soutient, mais perdue dans l’immédiat si on s’en réfère au sondages. Si on prend du recul (ma modestie ne s’autorise pas la hauteur) en fait, c’est deux postures qui se nourrissent réciproquement par un cercle particulièrement vicieux.

Tout ceci n’est vraiment pas réjouissant, non que je veuille absolument soutenir les spectacles de Dieudonné.

En effet, dans mon obsession renouvelée, j’ai essayé de voir « L’Antisémite », mais tout y est insupportable. Si on peut imaginer au départ qu’il y ait du second degré dans ce film avec le fait que le personnage que campe Dieudonné est lui même en train de jouer un rôle, dont on assiste au tournage. Non, en fait, cette mise-en-abyme fonctionne à l’envers puisque l’acteur est aussi ignoble que son personnage, et au lieu de prendre de la distance on est dans une satire mal menée du monde du cinéma. Pas de distance ni d’autodérision. On est vraiment dans une caricature malsaine et malveillante, pas du tout la qualité d’humour qui me parle.

Ce qui m’inquiète, c’est qu’on est là dans un conflit ouvert, avec deux camps belliqueux qui ne nous autorise plus à garder une position neutre. Le débat ne vole pas très haut. Là où la France devrait revenir enfin sur son histoire et régler ses comptes et prendre ses responsabilité face à la collaboration et la colonisation, elle se divise et se bat à coup d’étiquettes creuses comme « communautarisme », « complotisme », « antisémitisme » ou « sionisme ».

Vraiment, il est temps de retrouver le goût des idées. Je n’ai pas de conclusion définitive et il reste énormément de chose à dire sur une actualité qui a obsédé mon quotidien pendant plus de 2 semaines. Comme toutes mes obsessions, elle a paralysé mon efficacité professionnelle et ma vie privée. Mais c’est une autre histoire.

Il est temps de publier, avant que le soufflé ne refroidisse. Non, en fait, il est tombé depuis longtemps !

Au secours je suis pris de Dieudonnite !

Je ne comprends plus ce qui m’arrive, depuis quelque temps. J’ai eu pourtant tous mes vaccins: mon badge « Touche pas à mon pote », une carrière dans l’audiovisuel et les médias. Et là depuis quelque temps tout ce que je touche ou qui m’intéresse m’interpelle tourne et prend une saveur amère dans la bouche. Dès qu’un discours, une personne m’intéresse et soulève des questions pertinentes, j’apprends peu après qu’il est sans doute un dangereux antisémite. Ça fait peur, je devrais me faire un rappel. En plus le mal se cache dans des endroits insoupçonnable.

Prenez Gripari, ce merveilleux conteur des rues de Paris qui voit des sorcières partout du fond du placard à la rue Mouffetard. Croyez-moi, j’ai commencé un livre qui derrière des allures de science-fiction se permet de réécrire l’histoire et de faire d’Hitler un juif manipulateur! (La vie, la mort et la résurrection de Socrate-Marie Gripotard). J’ai aussitôt lâché ce livre (il me reste quelques anticorps), mais je sens que la tentation est là de comprendre où il veut en venir.

Bientôt, je risque bien de me mettre à « Céline » à la réputation si sulfureuse ! Si je le touche j’ai bien peur, de l’apprécier. D’ailleurs, j’ai passé récemment une journée entière devant une autre monstruosité de la littérature que je ne connaissais pas encore Marc-Edouard Nabe que l’on compare justement à ce dernier. Plus je le voyais, sur le gril du spectacle médiatique, plus je j’étais fasciné. Sa posture d’incorruptible qui ne peut pas faire autrement que de prendre le contrepied systématique de l’opinion sur des événements aussi polémique que le 11 septembre. Son refus de partager l’enthousiasme généralisé de l’élection d’un noir à la présidence des Etats-Unis (Enfin nègre !).

Mais voilà, même cette « résistance » qui m’attire en ce moment est un peu fabriquée. Je sais trop bien que si je tombe par hasard sur des vidéos d’Alain Soral c’est parce que YoogleTube a stocké dans ses petits cookies caché au sein de mon navigateur l’historique de ce que j’ai regardé. C’est ce minuscule morceau de code qui m’a contaminé au départ et m’encourage de jour en jour à creuser encore ce gouffre. C’était une simple lézarde dans la bien-pensance de mon éducation lisse de communicant, pur produit des années 80, causée au départ par des petits rien de l’actualité, comme ces caricatures dans Charlie Hebdo, ou un interdit vestimentaire qui voile ses vraies motivations.

Cette curiosité d’origine sur la différence de traitement entre des tentatives d’humour islamophobe et judéophobe m’a définitivement rangé dans un camp. Aujourd’hui, je suis catalogué Dieudonniste par le système qui ne me propose qu’un éventail de contenus de plus en plus limité. Si on me pousse un peu plus, je vais penser que c’est une invitation délibérée à me faire entrer en rebellion. Un peu comme le faux mouvement de résistance à Big Brother. Dieudonné c’est O’brien.

Et c’est là le symptôme le plus grave de la Dieudonnite. Le complot! Je suis en plein dedans, je vois des ennemis partout. Finalement qui sont-ils mes amis résistants qui m’invitent à critiquer le monde où je vis. Ils ont tous quelque chose à vendre: des bouquins, des émissions, des T-shirts quenelliers. Mon héros Daniel Mermet qui m’a ouvert les oreilles à Noam Chomsky et Naomi Klein, se révèle être un égocentrique pingre qui tient son équipe par une manipulation perverse. Et il a beau défendre bec et ongle la liberté d’expression, il ne se l’applique plus quand il s’agit d’un concurrent direct comme ce surprenant Soral.

J’atteins là mes limites ! Je ne veux pas basculer ni dans l’achat compulsif de bouquins anti-tout. Je veux encore moins fonder ma propre école concurrente crypto-paranoïaque dénonçant la marchandisation des idées extrémistes. Donc je n’achèterai pas de canapé (bleu ou vert), pour ridiculiser une fois par mois, seul et sans contradicteur des personnages publics pour m’en faire des copains plus tard par opportunisme.

Non finalement, ceux que j’admire, ce sont des Frédéric Taddéi et les Bruno Gaccio qui arrivent à se montrer sans se démonter aux côtés des personnes les plus polémiques, leur donne la parole dans les limites du légal.

Pour moi, la Dieudonnite, ce mal étrange vient d’une parole censurée, au départ assez peu polémique. A ma connaissance, il s’agissait d’un projet de film qui n’a pas pu se faire qui traitait de l’esclavage. Il a du être considéré comme un détail de l’histoire trop ancien pour intéresser le public.

Pour ma part, les détails de mon histoire me place plutôt du côté de la position inconfortable du bourreau. La question que je pourrai me poser c’est savoir si mes ancêtres ont éliminés plus de juifs, d’homosexuels ou d’esclaves. Je ne trouve pas très aimables de ne pas me permettre de comparer.

En tout cas, je suis à l’abri de la variante la plus grave du mal n’étant pas victime.

Mais ce dont, je dois me souvenir aujourd’hui c’est que la vie sociale est basée sur une certaine dose de mensonge. Ce n’est pas vraiment nouveau, c’est même un des fondements de la politesse. C’est ce qu’on apprend enfant avec le père Noël. Il faut continuer d’y croire le plus longtemps possible pour entretenir le plaisir. Comme il serait doux de continuer à me bercer dans la douce consensualité du mouvement de « Harlem Désir » comme s’il s’agissait d’un phénomène spontané.

Vraiment, il y a des questions dangereuses qu’il vaut mieux ne pas poser…

La question « Dis, papa, il n’existe pas, hein, le père Noël ? » d’ailleurs est toujours hésitante.

Finalement, le rappel au vaccin, pourrait être de porter attention au message et au plaisir de le partager en tant que public, dans une ignorance volontaires des motivations de son porte-parole médiatique. Retrouver une fausse naïveté et une certaine distance humoristique. D’ailleurs, je sens, elle est déjà là, il y a des regards complices tout autour de moi !

aspie r’à autre chose ?

En ce moment, j’ai comme un éclair de lucidité sur mon parcours depuis l’enfance. Il a toujours été évident que ma personne représentait une différence par rapport à la norme, de la même façon qu’une différence de corpulence de taille de race, mais il m’était difficile de mettre le doigt sur la nature exact de ma monstruosité qui m’était envoyée en retour dans le regard des camarades.

Adulte, j’ai pu constater qu’une explication pouvait être l’encombrement mental (QI anormalement élevé). « Surdoué » était donc l’étiquette avec laquelle, j’ai essayé dès lors d’analyser mes difficultés sociales. Récemment, j’ai découvert la façon moderne de considérer le « syndrome » Asperger. Et en quelque jours voilà que je plonge dans une obsession. Je me sentais déjà des affinités pour les autistes, me considérant un peu comme un ancien autiste qui se soigne.

En effet, quelques similarités me troublent. Dans la liste des traits qu’on prête au « aspis », je me reconnais dans les suivants: l’apparente absence d’empathie (« Aujourd’hui, ou peut-être hier, ma mère est morte… »), la perte dans les détails (je mettais ça sur le compte de la myopie), les rituels rassurants (à un certain âge je me cantonnais très strictement à mon uniforme à base de chemises blanches sur jeans).

J’ai tout de même été étonné de trouver une confirmation dans les tests qu’on trouve à profusions sur le net ! Je voudrais presque en être, tellement c’est tendance (très recherché pour des postes d’informaticiens.

Ce qui m’a le plus amusé dans ces égarements récents (à y réfléchir je suis quand même bien trop à l’aise pour soutenir un regard, et trop aventureux dans mon train-train quotidien pour en être), ce qui m’a fait un sourire d’une oreille à l’autre c’est la pancarte à l’entrée d’un bureau d’une équipe de programmeur autistes invitant les visiteurs à ne pas déranger les employés physiquement. Il est préférable de leur envoyer un e-mail. Je pensais être le seul à avoir eu une idée aussi saugrenue !

En effet, je me suis entendu recommander la même chose à un collègue exaspéré de mes temps de réponse à une interpellation orale, et catastrophé par le fait que j’oublie la plupart de ce qu’on me dit lorsque je travaille!

Pour mémoire

Une réponse données à un article lu ici

Les écrans sont-ils encore des fenêtres,
ou déjà plus que des miroirs ?
Est-il possible de sortir,
notamment de soi ?
Le spectacle est-il
encore relation,
sortie,
ou bien n’est-il déjà
plus que le mur spirituel
qui se déplace autour de moi,
la mouvante paroi de ma bulle
austère, mais volontaire, et définitive ?
Est-il devenu la face interne de mon caveau ?

Jean-Paul Galibert

« Vos questions sont les bonnes ! En tout cas elles résonnent avec mes réflexions actuelles sur les mondes virtuels. Les réseaux « sociaux » qui détournent le nombrilisme et la solitude dans un but de marketing. L’internet est différent pour chacun. Il se présente en effet comme un miroir et reflète ce que nous souhaitons y trouver.

Il est en cela assez semblable au monde dit réel, qui lui aussi change au gré des subjectivités qui le contemplent. On peut, devant le même bouquet d’arbres reconnaître une forêt majestueuse, une espèce invasive ou des stères de bois de chauffage.

On se traîne partout cette espèce de bulle qui limite ou altère ce que nous sommes capables de percevoir. Il ne tient qu’à soi d’en repousser les limites, par des efforts d’imagination, des efforts de rigueur (résister au sens commun, réévaluer ce qui semble acquis).

Quelque rares fois, il n’est pas interdit, même si c’est difficile, d’inviter une autre conscience dans sa bulle. Cela pourrait même être la meilleure façon d’en faire évoluer le champ ? »

Kierkegaard me sauvera ? Qui sait…

Il y avait sur France culture, ce matin, un sympathique jeune homme qui parlait fort bien de Kierkegaard. Ce n’est pas que je sois juge : je ne connais rien a ce bonhomme et je n’ai comme notion de la philosophie que des connaissances qui relevent des travaux pratiques : J’observe la marche du monde et je ne me suicide pas, je dois donc être un peu philosophe !

Ce jeune homme avait de bonne raison de maîtriser son sujet : il sort un livre sur ce grand homme et ce n’est même pas son premier. Après l’esthétique et avant de passer au religieux, ce titre est consacré à l’éthique. Ce qui m’a beaucoup parlé, c’est qu’il était question de la facilité que représentait le fait de faire plaisir aux autres et à quel point il est difficile d’être libre!

L’éthique de kk exigerait que l’on n’obéisse qu’aux injonctions auxquelles on adhère vraiment.

Ben me voilà tout bête là ; oui, je crois que je manque un peu de cette éthique-là en ce moment. J’en prendrais bien une petite ration !

Malheureusement, on dirait quelque chose de bien grand et d’un peu idéaliste. Quelque chose qui est à prendre ou à laisser. Un truc à se faire des ennemis. À moins d’avoir une éthique bien opportune qui vous dicte de faire justement cette chose qu’on vous demandait si gentiment.

Alors là, ce serait pratique, parce que d’un seul coup sans avoir changé de comportement me voici un grand homme de volonté parce que cette fois-ci: Je le fais pour moi. Donc, je suis libre!

Bon, pour conclure, la vraie philo n’est vraiment pas mon domaine… Mais j’aime tout ce qui est paradoxal !

Nouvelles lumières

Si je ne me trompe, on doit à l’invention de l’imprimerie la sortie de l’obscurantisme. Tous les précieux écrits enfermés dans des monastères et les savoirs qui vont avec ont pu être démocratisés. Grâce à quoi, on a vu de nouvelles personnes s’emparer des écrits pour les relire selon leur propres critères (la réforme). Puis de nouveaux écrits ont pu naître, aussi bien des chefs d’oeuvres artistiques que des foisons de manuels et les 1ères encyclopédies. C’est ce qu’on a appelés les « lumières » (me semble-t-il toujours, je ne suis pas historien).

Ce qui m’intéresse ici, c’est de dresser un parallèle entre cet obscurantisme passé avec notre époque et la révolution qui est en cours. L’apparition d’Internet est en effet assez comparable à l’imprimerie et elle s’attaque à un autre obscurantisme. Pour l’instant l’identité du pouvoir obscur qui domine notre temps est assez difficile à cerner, mais elle se dessine de plus en clairement. Bon, autant dire tout de suite que je ne crois en aucun complot international et qu’on est le plus souvent utilisés par des gens qui nous aiment et veulent notre bien!

Mais revenons à ce combat, celui entre la diffusion du savoir et son confinement. Il me semble que c’est une contradiction qui existe depuis bien longtemps, celle d’une société qui enseigne des valeurs humanistes d’entraide d’une part et d’une société des loisirs qui voudrait qu’on oublie l’essentiel de ce qu’on a appris pour qu’on s’abandonne à ce mode de vie facile ou tout est fait tout pour nous. Il y a le monde académique qui incite à la curiosité, invite à comprendre, échanger et diffuser le savoir. Et il y a le monde consumériste qui vous prend par la main qui vous fait rêver par un progrès qui tient de la magie tellement il serait vain de chercher à comprendre!

Ce sont 2 visions qui ont pour programme le progrès, mais des façon différentes de l’atteindre. À ce stade de mon discours, il n’est peut-être plus nécessaire de dire de quel côté, entre obscurantisme et lumières, je place le marketing ou la propriété intellectuelle. En effet, je pense et j’ai déjà dit ici que ces inventions modernes qui ont tant fait pour le développement rapide de notre niveau de vie depuis le début du vingtième siècle sont devenues improductives et nuisibles. On les retrouve régulièrement à des points clés des paradoxes les plus criants de notre époque. Dans le désordre: obsolescence programmée, fermeture des cinémathèques, trou de la sécu, chômage, fabrication de désirs, fabrication de frustrations, peur de l’autre, individualisme, obésité, islamophobie (marketing politique), malbouffe.

Bon. Cette liste est plutôt étrange et les rapports avec l’idée de propriété intellectuelle ne sont pas toujours évident. C’est une idée sans doute encore trop floue.

Ce que j’essaie ici c’est peut-être de redéfinir un critère pour distinguer gauche et droite ? D’un côté une attitude de prédateur qui dès qu’il entrevoit un facteur de progrès s’empresse de se l’approprier. (Celui qui dépose une idée est le plus souvent un médiocre, il ne sait pas quand il aura la suivante! ) A gauche, on aurait l’attitude généreuse qui se réjouit de ce que son acte isole puisse profiter à tous. Une attitude plus fourmi ou abeille.

Ce qui est sur, c’est une petite révolution est déjà en marche, et elle fait son petit bonhomme de chemin. C’est Linux et les mouvements GNU, copyleft et les licences libres. Après avoir largement démontré leur force dans le domaine strictement numérique, ce mode de développement ouvert se développe dans des domaines plus réservé de l’industrie. Aujourd’hui une auto open-source bats des records d’économie de carburant. Des fablabs en réseau apprennent à produire des objets de plus en plus complexes à commencer par leurs propres outils de travail.

On commence juste à mesurer l’étendue de ce qui se démocratise par cette mise-en-réseau du savoir. On aura bientôt le choix pour son mobilier entre un catalogue Ikea ou de se faire découper un modèle open-source dans le fablab du coin. Il sera pas forcément plus cher mais il serait exactement à la dimension voulue et personnalisé de façon unique. Voila qui ne doit pas tellement réjouir Ikea !

Voilà les nouvelles lumières telles que je les entrevois : c’est tout un chacun qui s’empare de Diderot et d’Alembert et qui les réécrit et les met en pratique dans son propre quartier.

Economie expérimentale

Depuis 2008, et la crise des dettes souveraines qui en sont les conséquences indirectes il devient clair que les monnaies et leur fonctionnement sont au coeur du fonctionnement des sociétés modernes et que leur mécanismes échappent de plus en plus aux gouvernements et donc à la démocratie. Il semblerait donc que pour un retour vers le progrès démocratique une étape nécessaire est la création d’une ou plusieurs monnaies qui répondrait aux exigences de ses usagers.

Les possibilités donnent le vertiges: Pourquoi pas établir une monnaie, dont la parité serait par exemple un tarif horaire universel. Il permettrait de rémunérer un travail d’informaticien, de boulanger à un tarif universel ! Combien de temps un système pareil mettrait-il à unifier les économies mondiales?

Une telle économie expérimentale et conceptuelle existe-t-elle? Pourquoi n’est-elle (ou n’a-t-elle pas) été explorée par les organisations internationales comme l’ONU, le FMI, la Banque mondiale ? On peut imaginer évidemment que ça ne serait pas à l’avantage des multinationales qui spéculent justement sur les différences pour créer des bénéfices. Mais il doit bien exister des rapports d’études passées.

Quelle serait le chemin pour atteindre une monnaie internationale solidaire qui supplante le dollar? Est-ce que les monnaies locales comme le Sol-Violette et le Bristol pound pourrait se mutualiser et créer des nouveaux échanges intercommunautaires et à terme se convertir en une nouvelle monnaie solidaire transnationale. Pas évident ! Mais il n’est pas interdit d’espérer. Et c’est peut-être plus réaliste que de compter sur la Banque mondiale.

Ensuite, il y a l’étrange « Bitcoin » qui a l’avantage d’être créer de façon mathématique par la puissance de calcul d’ordinateurs en réseau. Il n’est pas détenu par les banques. Et sa rareté est organisée par une difficulté exponentielle de créer plus de monnaie! Intéressant. Ses débuts obscurs et ses usages marginaux le réservent probablement à un monde de geeks.

Par contre, la tendance de fond est nettement à l’économie directe organisée horizontalement en peer-to-peer. Des échanges tels qu’ils ont été imaginés par le logiciel libre et le partage globalisé des ressources virtuelles. Clairement, c’est maintenant le crowdfunding et les fablabs qui prennent le relais.