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Zombie for president

En ces temps électoraux, une de mes vieilles idée me revient et vient de prendre une nouvelle forme.

C’est peut-être la courte « retraite » annoncée par Nicolas Sarkozy au moment de son élection (qui dans les faits s’est trouvée muée en croisière de luxe) qui a démarré cette réflexion, l’idée que pour éviter toute malversation il faudrait associer à la fonction présidentielle une forme de renonciation à la vie civile. La présidence reviendrait à prendre les ordres de façon quasi monastique. L’idée était que l’élu se retrouve dans l’impossibilité d’utiliser sa position pour s’enrichir. Il fallait donc qu’il cède toute propriété et qu’il n’ait plus aucune possibilité de conserver la moindre fortune.

L’idée folle qui vient de me venir c’est qu’une façon de régler ce changement de statut serait de tuer le président. Pas violemment, bien entendu, comment pourrait-il servir son pays, juste au niveau légal: Limpide, non ? La mort sociale du président permettrait de régler à l’avance toutes les questions de succession. Tous ses biens seraient distribués exactement comme s’il était bel et bien mort !

Dès lors, sa vie entière serait réglée par une pension à vie. Généreuse et prestigieuse (statut présidentiel oblige) mais dans le fond pareille à la pension d’un animal de luxe !

L’idée me plait bien, pas sûr qu’elle plaise à nos élus, d’ailleurs c’est un peu le but: réserver cette fonction aux personnes réellement capable de faire don de soi !

« Zombie for president ! »  

Abstraction du social (brouillon de pensée)

Quelques lectures et visionnements récents se télescopent dans ma tête et me font tirer quelques parallèles intéressants entre autisme et l’abstraction que constitue la vie des hommes.

Donc cet été j’ai amplement écouté les dernières conférences de Michel Onfray dans le cycles de la Contre-histoire de la philosophe notamment quelques une où il critique le structuralisme. En très résumé, il reproche au structuralisme d’être coupé de la réalité. En tout cas de produire des idées nihilistes peu utiles dans la vraie vie.

En tout cas, tout ceci ma fait découvrir ce courant de pensée que j’ai subi sans le connaître depuis les années 80. Les incitations à communiquer, l’analyse des signes et les codes, l’intersubjectivité, ce sont tous des joujoux de structuraliste. A y repenser ce courant de pensée à influencé jusqu’à mes choix de carrière, ayant privilégié la communication au lieu de la science, qui aurait été mon destin naturel.

Le structuralisme, s’il est coupé de la réalité matérielle, c’est peut-être par ce qu’il s’intéresse exclusivement à l’abstraction qu’est la vie sociale ?

Car la société n’est elle pas un fiction totale reposant sur de pures inventions? Des constructions qui pourtant régissent la vie humaine dans ses moindre détails ? L’argent, la propriété, les frontières, la dette, la réputation, les diplômes, les contrats … Toutes ces notions n’ont de valeur que celle qu’on leur prête et ne représente en somme qu’un monde virtuel qui se superpose au monde réel. Il me parait évident que le monde tel qu’il est vécu par une fourmi, un oiseau ou un champignon, n’est pas du tout le même.

Cette réalité sociale est incroyablement puissante puisqu’elle régit nos vies par des règles de plus en plus complexes. Ce monde complètement construit et artificiel a pourtant la capacité de défaire des carrières et à pousser des gens au suicide.

Hypothèse: est-ce qu’un autiste n’aurait pas justement un problème avec le partage de cette folie collective ? (Je pense surtout aux Asperger). Il donne l’impression d’être ailleurs, il ne comprend pas les codes sociaux, les expressions faciales, les conventions, ce qui se dit ou pas. Est-ce qu’il se pourrait que c’est sa connexion au réel (avec ses obsessions des roues qui tournent, ou des interrupteurs) qui perturbe son sens social ? Est-ce que l’esprit envahi par les expériences sensorielles trop intenses (hypersensibilité aux bruits, odeur, etc.) il lui soit impossible de rester focalisé sur les seuls signes qui font du sens.

En effet, en apprenant une langue, un bébé doit apprendre à gommer les sons qui ne sont pas significatifs dans sa langue, jusqu’à devenir incapable de les entendre. De la même façon, nous désapprenons le monde réel pour ne nous concentrer que sur ce qui est utile pour notre fonction sociale. Un investisseur ne verra plus derrière un investissement que le rendement financier et pas la fourmilière d’activité de l’entreprise qu’il finance. Un conducteur doit se concentrer sur les panneaux de circulation et les autres véhicules et peinera à apprécier le paysage et ne s’intéressera pas à priori aux espèces végétales du bord de la route.

L’autiste serait un étranger au monde artificiel du structuralisme ?

Complément nombriliste:

Bien évidemment, quand on philosophe on parle toujours un peu de soi et je n’y coupe pas.

Ainsi, dans mes introspections, depuis longtemps, je m’identifie à un autiste. Par contre, si c’est vrai (si l’autisme est vraiment une maladie qui peut-être objectivement identifiée et que j’en suis atteint), il est évident que je suis un autiste qui a su se soigner, puisqu’il y a certaine caractéristiques typiques de l’autisme que je ne possède pas du tout. Je développerai peut-être une autre fois.

Mais, je suis justement ce conducteur qui se laisse perturber par l’identification d’une espèce invasive sur les bords d’une autoroute. Je suis l’auditeur lunatique à qui il faut systématiquement répéter la première phrase, juste le temps que je rebranche le filtre de l’écoute (si possible celui qui correspond à la langue qui est parlée). Je suis aussi celui qui est bloqué dans une démarche à entreprendre par le gouffre des conséquences variables possible de cet acte.

Je subis donc, au quotidien, une espèce d’envahissement du réel et de l’insignifiant qui est handicapant dans l’efficacité de mes obligations sociales (travail, vie de famille, vie citoyenne). Et pourtant, je n’ai pas du tout envie de renoncer à ce handicap.

Shovanec ne voit pas son autisme comme une maladie, mais comme une part essentielle de sa personne.

Je suppose que c’est à peu près pareil pour moi: J’aurais peur de me perdre en me soumettant à la norme de l’efficacité. J’ai probablement bien trop transigé par le passé !

Pingrerie ritualisée

Encore une introspection nombriliste, aujourd’hui j’aborde ma pingrerie endémique.

Un certain nombre de mes comportement suscite auprès de mes proches une réputation peu flatteuse.

Par exemple, je m’énerve des tarifs artificiellement élevés de l’essence sur les autoroutes ou de tout endroit ou le public est captif.

Je n’aime pas non plus céder à la panne programmée d’un objet qui vient d’excéder la durée de garantie.

J’ai aussi des manies plus bizarres comme accumuler au fond de mes poches des petites boulettes d’aluminium destinées a être recyclées et qui peuvent s’accumuler et m’accompagner sur plusieurs milliers de km lorsque je suis à l’étranger.

Tous ces petits riens insignifiant qui finalement mobilisent mon énergie sont ils le fait de la pingrerie? C’est possible. Il y a en effet un certain ridicule quichottesque à ces combats perdus d’avance. Mais, dans mes attitudes, je crois qu’il est plus question de principe que d’avarice. Disons que s’il y a des avares, ils seraient à chercher autant du côté des marchés qui rentabilisent systématiquement le moindre avantage individuel au détriment complet de l’intérêt collectif, que du côté des gouvernants qui s’économisent toutes mesures à long terme et ne sèment que des fruits qu’ils sont susceptibles de récolter avant la fin de leur mandat.

Je vois donc ma pingrerie comme le miroir de celle de mon temps. Celle qui n’hésite pas à fermer une usine pour quelques pourcents pour l’actionariat,

Là ou vraiment je deviens avare, c’est que ces comportements stéréotypés sont le fait de principes anciens figés qui n’ont jamais rien produit d’autre que ces petites rébellions ritualisées. Il y a quelque chose d’assez inconséquent de se braquer pour des petits riens alors que professionnellement socialement on participe à la spirale infernale qu’on dénonce.

Enfin, dans ce blog je me suis promis de parler de mes échecs : je suis en plein dedans !