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1984 n’a pas eu lieu ?

En 1984, on a tous pensé qu’Orwell s’était trompé. Les impérialismes que ce livre dénonçait étaient clairement identifiés: le nazisme d’une part déjà terrassé et le stalinisme en voie d’implosion grâce au courageux suicide de la glasnost de Gorbatchev.

Ce magnifique rêve rose a bercé mon adolescence dans une attente béate entretenue par l’ère Mitterrand. L’apothéose de ce culte de la la troisième voie (la nouvelle gauche qu’on nous servait en ce temps-là) fut la commémoration du bicentenaire de la révolution et la chute du mur. CQFD. La Fin de l’Histoire.

Mais à quoi reconnait-on qu’on est dans le monde de Big Brother? Son règne est celui de la novlangue qui réécrit constamment l’histoire et le vocabulaire pour en atténuer le sens. Big Brother lui-même n’est qu’une image un symbole et s’il porte un nom c’est celui qu’il se choisit. Le nom de Big Brother se voulait rassurant « grand frère »: cela n’évoquait que bienveillance et protection, avant qu’Orwell ne le salisse.

Tout ça pour dire qu’un vrai « big brother », spécialiste lexical éviterait, bien entendu le rapprochement avec Orwell au profit de quelque chose de vraiment rassurant et à connotation positive. Il s’approprierait n’importe quel élément du quotidien qui nous rend service tous les jour comme une fenêtre ou une pomme.

Le fonctionnement même de la société de Big Brother est de s’insinuer dans notre pensée, se servant de la peur de l’ennemi et du bonheur d’être dans le bon camp et de se soumettre au progrès qui n’a qu’une seule dimension (et dans cette dimension unique un seul sens).

Plus on y réfléchit, plus on est forcé d’admettre que ce n’est pas si simple. Et autour de 1984, il s’est peut-être joué quelque chose. Il existe un bruit qui se développe de façon assourdissante et redondante auquel il est de plus en plus difficile d’échapper. Contrairement au roman d’Orwell, il n’est pas le fait d’un ministère ou d’un gouvernement. Il s’agit bien entendu du marketing de la communication et du spectacle, tout ce qui colporte les messages émanant du le réel pouvoir celui qui se concentre naturellement dans les sociétés qu’on a autorisé à se développer hors de tout contrôle national.

Les injonctions que je reçois sont de jouer avec toutes les merveilles technologiques qu’on me donne pour acheter en ligne et à crédit tout ce dont j’ignore encore désirer si ardemment. L’ennemi qu’on m’agite pour me décourager de trop m’éloigner de mon hôtel ou de mon home cinéma sont le terroriste islamiste parfois aidé par le serial-killer.

Tout ça est un peu cliché non ?

Ça tient de moins en moins et on est moins dupe.

Il faut dire qu’il n’y a pas de responsable. Je pense qu’à tous les échelons de ce lourd fonctionnement, il y a majoritairement des gens de bonne foi, qui on la conviction d’agir sans choix ni alternative possible. Le vrai responsable est un état d’esprit qui pollue les recoins de nos imaginations. On a tous au fond de la tête un petit golden boy qui n’attend pour s’exprimer qu’une petite opportunité. Une petite affaire juteuse qui nous assurerait le regard admiratif de l’entourage en même temps qu’une rente agréable.

Heureusement grâce aux fonds de placements pourris, il y a eu une certaine prise de conscience. Et désormais, un fourmillement d’initiatives qui se préparaient dans l’ombre se retrouve progressivement dans la lumière pour qui sait regarder. Il y a des convergences de mouvements de relocalisations et de réappropriations de bout de marchés des niches oubliées ou juste trop petites pour intéresser les capitaux d’affaires. C’est des monnaies locales. Ou des terrains cultivés autant par goût du bon voisinage et de la biodiversité que par goût tout court. Bientôt peut-être le revenu de vie ?

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Devoir de mémoire et liberté d’expression.

Je ne sais pas trop pourquoi, mais je prends l’éviction de Lars von Trier assez mal: Encore un point en moins pour la liberté d’expression! Peut-être est-ce parce qu’un de mes proche avait l’habitude de proférer à tort et à travers des « Heil Hitler » et des « Je vais tous vous tuer! » à la tête de notre famille allemande? En pure provocation. Très violemment, mais sans la moindre conviction.

Ainsi, en comparaison les propos de Lars von Trier me paraissent vraiment bénins. En effet, j’ai dû apprendre malgré moi à décoder les double discours de personnalités complexes comme lui.
Dans les 3 minutes (un peu moins) qu’a duré sa réponse (à la question stupide d’une journaliste qui ne sera jamais poursuivie elle), je n’ai trouvé qu’un seul propos un temps soit peu condamnable. Il dit à peu près que Israël nous fait chier « a pain in the ass ». Je crois qu’il n’a même pas désigné les « juifs » donc à priori pas d’anti-sémitisme. Mais admettons quand même qu’il y a amalgame rien que par le fait de faire intervenir Israël dans une phrase ou il était question d’Hitler.

En tout cas, il n’a pas du tout soutenu Hitler dans ses actes, ce qu’il précise mollement par un understatement assez british en disant qu’il n’a rien d’un « brave type ». Von Trier exprime juste de la sympathie ou un certaine compréhension pour le monstre acculé dans son bunker « I understand Hitler ».

On lit partout que le propos était choquant pour un soutien à Hitler, ce qui ressort de l’interview c’est une insulte à Israël (bien réelle) et une attaque personnelle ironique contre Susanne Bier. Bizarrement ce n’est pas ceci qui lui est reproché mais bien un imaginaire amour d’Hitler!

Pour ma part, je trouve sain et je n’en attend surtout pas moins d’un véritable artiste qu’on se penche sur le mal en essayant de le comprendre. Je n’aime pas les thèses simplificatrices bien tranchée opposant le bien et au mal. Je laisse ce manichéisme aux contes pour enfants au films d’horreur et a George W Bush qui ont besoin de cette vision simpliste du monde, pour exister.

Quand je vois Freddy Kruger je me demande qu’est ce qui le rend si méchant et je me dis surtout qu’il n’existe pas et pour cause: il sort juste des cauchemars des enfants angoissés. Le mal absolu, c’est seulement un croque-mitaine qu’on agite pour voiler les petites bassesses égoïstes qui font l’essentiel de nos malheurs.
Un artiste qui se penche sur le destin d’Hitler est en droit de séparer l’homme de la légende, et ce serait même presque un devoir. Analyser ce que ses actes doivent à son époque et ce qui l’a poussé dans son destin destructeur, par exemple. Si l’on s’arrête à l’image du Hitler abominable aboyant ses discours haineux, on est victime de la propagande allemande destinée à effrayer ses ennemis et à enthousiasmer les foules allemandes.

Pour en revenir au sujet, si j’étais journaliste, j’essaierais avant tout de répondre aux questions suivantes: Où voulait en venir LVT ? Qui est cette Suzanne Bier à laquelle il s’attaque par 2 fois? Au final, à qui doit on réellemnet son exclusion du festival puisque son film lui reste en compétition ? N’y aurait-il pas eu divergence d’opinion entre la direction du festival et celle du jury indépendant? On aimerait aussi entendre les opinions de Charlotte Gainsbourg et Kirsten Dunst. Mais silence radio, on entendra plus rien circuler il n’y a plus rien à voir. Visiblement on veut étouffer l’affaire, et on a peut-être raison. Il n’y a qu’à parcourir les forums ou commentaires sur la question pour constater que le sujet soulève de vives polémiques!
Il reste que pour moi, cette exclusion est une grave erreur: elle bafoue clairement la liberté d’expression et se cache derrière de faux discours.

Peut-être qu’on a raison de ne pas vouloir faire plus de vagues malheureusement par la sanction appliquée à Lars von Trier malgré les excuses qu’il a tout de même prononcées, on ne fait finalement que conforter les tenants de la théorie d’un complot international pro-israélien tirant les ficelles de la culture.

Qu’est- ce qui a fait de Dieudonné un vieux con?

On a entendu des termes comme compétition des victimes lors de son projet de film.
Il a été le clown blanc dans un duo comique dont la spécialité était de dénoncer tout les racismes. Est- ce qu’il a vraiment change au point de devenir l’anti-sioniste dangereux qu’il se plait a interpréter devant ses détracteurs.

Au départ il y a eu l’autocensure des médias il est devenu mauvais client. Mais aujourd’hui il est interdit de salle un peu partout pour incitation a la haine trouble de l’ordre.

Je ne comprends pas que personne ne prenne pas sa défenses au nom de la liberté d’expression comme le ferait Chomsky. En effet la vraie liberté d’ expression est celle d’accorder la parole de ceux dont on ne partage pas l’avis.

Je crois me rappeler qu’on a défendu bec et ongle la liberté d’expression pour des caricatures racistes islamophobe d’assez mauvais goût. Pourquoi ne ferait on la même chose lorsque la caricature ressemble a un racisme anti-juif!