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Mon monde intérieur a autant de réalité que la réalité que je partage avec l’autre.

Récemment une mère me demandait comment elle pourrait ramener son fils précoce à la réalité. Voilà une question qui toute simple qu’elle est dans sa formulation a soulevé toute une perplexité. Il m’était impossible de répondre à cette question.

La raison la plus évidente maintenant que les idées ont fait leur chemin, me parait que la question sous-entend une absence de la réalité, qui me parait bien loin d’être acquise. Lorsqu’on est « perdu » dans ses pensées (on dit aussi plongé), c’est une espèce de méditation. Mais ça ne veut pas dire qu’on est perdu, ça peut même être le contraire. Dans le cas de la « pleine conscience » très à la mode, mais aussi au yoga, la méditation est un effort de se connecter avec l’environnement, une volonté d’être tout à fait là et présent. Si on ferme les yeux c’est pour mieux éveiller tous les autres sens.

Par contre le monde social auquel on échappe lorsqu’on est « dans la lune » ne semble pas beaucoup s’encombrer de la réalité. Il est fait beaucoup de superficialité, il est plus question de réputation que de réalité. Les interactions humaines s’organisent d’une façon assez complexe autour de concepts tout à fait abstraits et tout à fait arbitraires. Des fictions comme les frontières, les institutions, l’argent qui n’ont d’existence que pour le monde social mais superbement ignoré par le monde physique réel que sont le vent, les oiseaux ou la lumière.

Et pourtant on voudrait me ramener à la réalité !

Inutile de préciser que j’ai eu beau rédiger ma réponse jusque tard dans la nuit, je ne lui fut pas d’un grand secours! Une fois de plus j’ai certainement réussi à convaincre une personne que j’étais complètement en dehors de la réalité!

En bonus: Le lien qui me fait penser à tout ceci aujourd’hui: The boy whose brain could unlock autism: https://medium.com/matter/70c3d64ff221. Il s’agit d’un chercheur en neuro-science et son fils autiste et de la découverte récente d’une nouvelle piste pour la compréhension de l’autisme. Il pourrait s’agir d’un excès d’activité neuronale et une rapidité d’apprentissage qui rend les autistes tellement différent.

Plus on est vieux, plus on est …

Il y a des similitudes entre politique et vie amoureuse:

Les couples qui durent sont ceux qui s’acceptent et ne croient plus au prince charmant.

En politique, ce qui marche ce sont les partis qui ne promettent pas de lendemain qui chantent.

Le point commun c’est le « réalisme », autrement dit l’abandon de tout idéal utopique.

Ça ressemble au parcours de tous les 68ards, fondus finalement dans le libéralisme, à toutes les illusions  adolescentes de grandeur ramenées à des réflexes de survie par la recherche d’une simple place. C’est ce qu’on appelle s’embourgeoiser…

Oui, c’est moche! Et je ne sais pas quoi faire de cette idée.

J’ai bien peur des conclusions qu’il faudrait en tirer. On a le choix entre se dire « j’étais un jeune con idéaliste » ou « je suis devenu un vieux con aigri ». On risque, dans ce dernier cas, de devenir un vieux con se croyant capable de retrouver sa connerie idéaliste d’antan! Là on gagnerait sur tous les tableaux.

Cynisme ou jeunisme? En me creusant un peu, je dois bien pouvoir sortir de ce manichéisme pessimiste.

Ma satanée bulle

Ma compagne souffre d’un mal étrange. Une trop grande ouverture aux autres lui fait engranger contre son gré une énorme quantité de données concernant les « pipoles » des magazines.

Elle me l’explique souvent: c’est involontaire et incontrôlable (et je n’ai aucune raison de ne pas la croire). Il lui suffit de passer devant l’affiche pour retenir qui va épouser qui et le prénom des enfants.

Pour moi, il s’agit-là d’un talent surnaturel. Si on établissait une mesure de Q.S. (quotient de sociabilité), elle aurait 130 et je me trainerais peut-être à 80. C’est probablement ce qui fait de moi un quasi autiste.

En effet, si je suis associal jusgu’au handicap. C’est que j’économise mes ressources psychiques en m’enfermant dans ma bulle. D’ailleurs c’est un comportement qui me rend chatouilleux et qui a des conséquences directes sur ma vie professionnelle et privée! Je me suis déjà entendu demander à une collègue de s’adresser à moi par post-it ou e-mail au lieu de me parler directement. C’est que, véritablement, je risque de ne pas entendre. Je peux être tellement profondément plongé dans l’abstraction que plus rien ne m’atteint. Pire je suis même capable par automatisme de dire ce qu’il désire a mon interlocuteur pour eviter de refaire complètement surface et me débarasser rapidement du gêneur.

Mes enfants savent d’ailleurs parfaitement exploiter cette brèche pour demander une autorisation d’aller jouer lorsqu’il me savent blotti très très loin dans ma satanée bulle!

Ludicité

« Il n’y a pas de mal à se faire du bien » dit-on. En effet, pour celà, on ne peut pas trop compter sur les autres. Et c’est cette fonction que remplissent nombre vices qui nous font tellement de mal: le chocolat, la clope, …

Pour arrêter, il faut savoir se récompenser autrement: certains recommandent le shopping. Mais, si on veut économiser un peu, on peut se trouver des activités ludiques bien sympathiques.

Là, je viens de (re)découvrir le « geocaching », petite course au trésor technologique, développée grâce à la démocratisation du GPS. Ce passe-temps allie plusieurs bénéfices pour compenser notre vie trépidante. On y pratique un peu d’activité physique, et cérébrale, on s’aère simultanément les poumons et les idées, et on obtient assez facilement une petite satisfaction enfantine d’avoir atteint un but. Et rien n’empêche d’enchaîner avec un deuxième tableau, plus difficile, puis un troisième et enfin d’organiser soi-même des défis à l’attention d’une communauté grandissante.