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Complément d’enquête

Il me reste une impression d’insatisfaction de mon entrée sur la « densité d’information ». La sensation de m’être laissé emporté vers mes clichés habituels sans développer l’image forte de ce flux d’information plus ou moins dense qui nous abreuve. Des images de robinets et de soif. Une soif que rien ne parvient à étancher. Je n’ai pas fait non plus de distinction entre la qualité et la quantité de nouveautés exigée par ma bête intérieure. Il y a aussi à dire sur le caractère quasi addictif de cette quête. Ce n’est pas vraiment une soif de connaissance mais plutôt comme un vide à remplir. Quelque chose de l’ordre de la boulimie!

Densité d’information

Un des symptômes de la douance (appelez ça comme vous voulez : zébritude, haut-potentiel, embonpoint intellectuel) c’est une exigence conversationnelle particulière: celle d’une part suffisante de nouveauté et d’inattendu dans l’information reçue pour maintenir la petite flamme d’attention. En effet, si la précocité est une espèce de soif de connaissance, et si une interaction sociale (une conversation, un cours, une lecture un spectacle) est en compétition permanente avec des fils de réflexion interne du sujet surdoué, on comprend assez bien que l’attention se tourne vers la source la plus à même de combler ce gouffre exigeant. Ainsi le surdoué hyperactif s’évade dans des activités parasites, l’autiste vers ces ressources intérieures. Dans tous les cas, il y a décalage entre la stimulation reçue et la capacité à engranger de nouvelles informations.

Si, je dis un symptôme parce que c’est réellement un élément qui peut perturber les liens sociaux. Pensez à Sheldon Cooper (« The Big Bang Theory »). Ce qui est tellement amusant chez Sheldon c’est qu’il est incapable de cacher son ennui. Rien ne l’étonne. Il a l’impression que jamais personne ne pourra lui apprendre quoi que ce soit.

L’ennui. C’est là, la conséquence d’une densité d’information trop réduite. C’est ce qui arrive quand la stimulation est en décalage avec l’attention. Par exemple lors du spectacle d’un téléfilm au scénario trop attendu. Lorsque votre attention se porte la carrière de l’acteur plutôt que son rôle, sur les erreurs de raccords entre les plans, ou encore sur les choix stratégiques de la chaîne à le diffuser, c’est que clairement la trame est complètement en dessous de vos capacités cognitives. Votre attention, dont le but est de combattre l’ennui de toutes les façons, développe tous ces stratagèmes pour maintenir une stimulation constante de votre muscle cérébral. L’ennui n’est donc jamais qu’un moment passager de votre attention avant qu’elle ne se porte sur le prochain objet disponible.

Cette exigence de l’attention, il me semble quelle affecte tous les goûts (du surdoué et à réflexion de tout le monde : il n’y a qu’une différence d’échelle). Elle explique bien, par exemple, le fait qu’on ne garde pas à vie les mêmes goûts musicaux. Au fur et à mesure des progrès de notre oreille celle-ci nous demande des écoutes de plus en plus exigeantes (des harmonies plus originales, des mélodies surprenantes, des rythmes plus complexes). Sinon elle ne remplit qu’une fonction de musique d’ambiance ou de mémoire (Radio nostalgie).

Donc, conversations, école, musique, culture, partout l’ennui du zèbre guette et le menace par trop d’originalité d’exclusion sociale.

Conclusion un peu hâtive et expéditive peut-être ? Tout n’est quand même pas aussi noir… à revoir… au revoir !

Précoce, surdoués, HP, haut QI ?

Quel est le terme approprié pour parler des « martiens » capables d’atteindre un score de 128-130 aux tests de Q.I.

C’est vraiment LE sujet permanent qui apparait dès qu’il s’agit de Q.I. Tous les personnes concernées semblent d’accord pour dire que sans exceptions les termes sont impropres. Et, en effet je trouve vraiment que c’est un casse-tête impossible !

Voici ce que m’a inspiré un article sur un blog que je consulte:
Pour ma part, je trouve que « précoce » est le pire de tous (pour toutes les raisons déjà évoquées), les abréviations de type HP EIP, etc sont à laisser au psys et n’ont rien à faire dans le langage courant, quant aux « zèbres » et autre termes codés, ils sont sympatiques comme signe de ralliement communautaire, mais ne font qu’ajouter aux confusions déjà nombreuses.

Les termes les plus appropriés restent « haut potentiel » (« intellectuel » en option si nécessaire) ou « surdoué ».

Mais ce qui est dérangeant et qui fait que je garde toujours des « guillemets » dans la voix en parlant de « surdoué » c’est que justement, un « surdoué » n’est généralement pas un surdoué de sa discipline au même titre qu’un surdoué du ballon ou de la politique. Le terme de surdoué n’est pas réservé à l’intelligence et désigne l’exceptionnel c’est un terme à rapprocher du génie et qui sort de la norme au point de ne plus être mesurable.

Mais un haut QI ce n’est que le haut d’une norme et elle est le résultat d’une mesure. Si on calculait, le « quotient tennistique » des pratiquants de ce sport n’importe quel amateur entraîné atteindrait facilement un quotient de 140 (il suffit d’être le meilleur d’une cinquantaine de quidams tirés au hasard) mais cela ne lui garantirait pas de gagner le moindre tournoi. De la même façon, on pourrait mesurer le « quotient de taille » d’un échantillon de population. Dans ce cas les plus hauts quotients autour de 160 n’auraient probablement que quelques centimètres de plus que la moyenne.

Pour identifier un génie du tennis ou un vrai géant, il faut autre chose qu’un simple outil statistique. Des tournois et des comparaisons sans fin. Pareillement, si cela présentait le moindre intérêt pour recruter de vrai surdoués de l’intelligence, il faudrait comparer les gens testés entre eux.

Pour moi c’est tout le noeud du problème, les termes surdoués ou haut potentiel sont culpabilisant et produisent une espèce d’obligation de résultat. Au final le terme le plus logique serait simplement « haut QI ». Car objectivement la seule chose que mesure le QI c’est le QI lui-même !

Les Wechsler et autres nous sont très utiles pour identifier et certifier cette différence que nous avons tous vécu dans notre chair. Mais, je ne sais pas comment appeler cette fragile membrane qui nous sépare de nos contemporains. Dans la caverne de Platon nous serions juste un petit rang derrière, suffisamment pour voir des choses interdites à nos camarades mais très loin du monde des idées réservé aux génies.

Depuis mon enfance, dans mes relations aux autres, je suis à la recherche de l’équilibre entre la fausse-modestie et une supériorité involontairement blessante.

Alors en résumé: « surdoué », oui mais sans oublier le gouffre qui le sépare de l’exception du génie.

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Tiens, en fait j’avais déjà publié !

Q.I. Comment nommer les « surdoués » ?

Récemment, j’ai commenté un peu longuement sur cette question dans un blog, voici ce que ça m’a inspiré:

« Ce sujet est vraiment LE sujet permanent qui est soulevé dès qu’on aborde le Q.I. Tout le monde semble d’accord pour dire que tout les termes sont impropres et c’est vraiment un casse-tête impossible.

Pour ma part, je trouve que « précoce » est le pire de tous (pour toutes les raisons déjà évoquées), les abréviations de type HP EIP, etc sont à laisser au psys et n’ont rien à faire dans le langage courant, quant aux « zèbres » et autre termes codés, ils sont sympatiques comme signe de ralliement communautaire, mais ne font qu’ajouter aux confusions déjà nombreuses.
Les termes les plus appropriés restent « haut potentiel » (« intellectuel » en option si nécessaire) ou « surdoué ».
Mais ce qui est dérangeant et qui fait que je garde toujours des « guillemets » dans la voix en parlant de « surdoué » c’est que justement, un « surdoué » n’est généralement pas un surdoué de sa discipline au même titre qu’un surdoué du ballon ou de la politique. Le terme de surdoué n’est pas réservé à l’intelligence et désigne l’exceptionnel c’est un terme à rapprocher du génie et qui sort de la norme au point de ne plus être mesurable.
Mais un haut QI ce n’est que le haut d’une norme et elle est le résultat d’une mesure. Si on calculait, le « quotient tennistique » des pratiquants de ce sport n’importe quel amateur entraîné atteindrait facilement un quotient de 140 (il suffit d’être le meilleur d’une cinquantaine de quidams tirés au hasard) mais cela ne lui garantirait pas de gagner le moindre tournoi. De la même façon, on pourrait mesurer le « quotient de taille » d’un échantillon de population. Dans ce cas les plus hauts quotients autour de 160 n’auraient probablement que quelques centimètres de plus que la moyenne.
Pour identifier un génie du tennis ou un vrai géant, il faut autre chose qu’un simple outil statistique. Des tournois et des comparaisons sans fin. Pareillement, si cela présentait le moindre intérêt pour recruter de vrai surdoués de l’intelligence, il faudrait comparer les gens testés entre eux.
Pour moi c’est tout le noeud du problème, les termes surdoués ou haut potentiel sont culpabilisant et produisent une espèce d’obligation de résultat. Au final, le terme le plus logique serait simplement « haut QI ». Car objectivement, la seule chose que mesure le QI c’est le QI lui-même !
Les Wechsler et autres nous sont très utiles pour identifier et certifier cette différence que nous avons tous vécu dans notre chair. Mais, je ne sais pas comment appeler cette fragile membrane qui nous sépare de nos contemporains. Dans la caverne de Platon nous serions juste un petit rang derrière, suffisamment pour voir des choses interdites à nos camarades mais très loin du monde des idées réservé aux génies.
Depuis mon enfance, dans mes relations aux autres, je suis à la recherche de l’équilibre entre la fausse-modestie et une supériorité involontairement blessante.
Alors en résumé: « surdoué », oui mais sans oublier le gouffre qui le sépare de l’exception du génie ! »
Avril 2014