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Zombie for president

En ces temps électoraux, une de mes vieilles idée me revient et vient de prendre une nouvelle forme.

C’est peut-être la courte « retraite » annoncée par Nicolas Sarkozy au moment de son élection (qui dans les faits s’est trouvée muée en croisière de luxe) qui a démarré cette réflexion, l’idée que pour éviter toute malversation il faudrait associer à la fonction présidentielle une forme de renonciation à la vie civile. La présidence reviendrait à prendre les ordres de façon quasi monastique. L’idée était que l’élu se retrouve dans l’impossibilité d’utiliser sa position pour s’enrichir. Il fallait donc qu’il cède toute propriété et qu’il n’ait plus aucune possibilité de conserver la moindre fortune.

L’idée folle qui vient de me venir c’est qu’une façon de régler ce changement de statut serait de tuer le président. Pas violemment, bien entendu, comment pourrait-il servir son pays, juste au niveau légal: Limpide, non ? La mort sociale du président permettrait de régler à l’avance toutes les questions de succession. Tous ses biens seraient distribués exactement comme s’il était bel et bien mort !

Dès lors, sa vie entière serait réglée par une pension à vie. Généreuse et prestigieuse (statut présidentiel oblige) mais dans le fond pareille à la pension d’un animal de luxe !

L’idée me plait bien, pas sûr qu’elle plaise à nos élus, d’ailleurs c’est un peu le but: réserver cette fonction aux personnes réellement capable de faire don de soi !

« Zombie for president ! »  

Economie expérimentale

Depuis 2008, et la crise des dettes souveraines qui en sont les conséquences indirectes il devient clair que les monnaies et leur fonctionnement sont au coeur du fonctionnement des sociétés modernes et que leur mécanismes échappent de plus en plus aux gouvernements et donc à la démocratie. Il semblerait donc que pour un retour vers le progrès démocratique une étape nécessaire est la création d’une ou plusieurs monnaies qui répondrait aux exigences de ses usagers.

Les possibilités donnent le vertiges: Pourquoi pas établir une monnaie, dont la parité serait par exemple un tarif horaire universel. Il permettrait de rémunérer un travail d’informaticien, de boulanger à un tarif universel ! Combien de temps un système pareil mettrait-il à unifier les économies mondiales?

Une telle économie expérimentale et conceptuelle existe-t-elle? Pourquoi n’est-elle (ou n’a-t-elle pas) été explorée par les organisations internationales comme l’ONU, le FMI, la Banque mondiale ? On peut imaginer évidemment que ça ne serait pas à l’avantage des multinationales qui spéculent justement sur les différences pour créer des bénéfices. Mais il doit bien exister des rapports d’études passées.

Quelle serait le chemin pour atteindre une monnaie internationale solidaire qui supplante le dollar? Est-ce que les monnaies locales comme le Sol-Violette et le Bristol pound pourrait se mutualiser et créer des nouveaux échanges intercommunautaires et à terme se convertir en une nouvelle monnaie solidaire transnationale. Pas évident ! Mais il n’est pas interdit d’espérer. Et c’est peut-être plus réaliste que de compter sur la Banque mondiale.

Ensuite, il y a l’étrange « Bitcoin » qui a l’avantage d’être créer de façon mathématique par la puissance de calcul d’ordinateurs en réseau. Il n’est pas détenu par les banques. Et sa rareté est organisée par une difficulté exponentielle de créer plus de monnaie! Intéressant. Ses débuts obscurs et ses usages marginaux le réservent probablement à un monde de geeks.

Par contre, la tendance de fond est nettement à l’économie directe organisée horizontalement en peer-to-peer. Des échanges tels qu’ils ont été imaginés par le logiciel libre et le partage globalisé des ressources virtuelles. Clairement, c’est maintenant le crowdfunding et les fablabs qui prennent le relais.

1984 n’a pas eu lieu ?

En 1984, on a tous pensé qu’Orwell s’était trompé. Les impérialismes que ce livre dénonçait étaient clairement identifiés: le nazisme d’une part déjà terrassé et le stalinisme en voie d’implosion grâce au courageux suicide de la glasnost de Gorbatchev.

Ce magnifique rêve rose a bercé mon adolescence dans une attente béate entretenue par l’ère Mitterrand. L’apothéose de ce culte de la la troisième voie (la nouvelle gauche qu’on nous servait en ce temps-là) fut la commémoration du bicentenaire de la révolution et la chute du mur. CQFD. La Fin de l’Histoire.

Mais à quoi reconnait-on qu’on est dans le monde de Big Brother? Son règne est celui de la novlangue qui réécrit constamment l’histoire et le vocabulaire pour en atténuer le sens. Big Brother lui-même n’est qu’une image un symbole et s’il porte un nom c’est celui qu’il se choisit. Le nom de Big Brother se voulait rassurant « grand frère »: cela n’évoquait que bienveillance et protection, avant qu’Orwell ne le salisse.

Tout ça pour dire qu’un vrai « big brother », spécialiste lexical éviterait, bien entendu le rapprochement avec Orwell au profit de quelque chose de vraiment rassurant et à connotation positive. Il s’approprierait n’importe quel élément du quotidien qui nous rend service tous les jour comme une fenêtre ou une pomme.

Le fonctionnement même de la société de Big Brother est de s’insinuer dans notre pensée, se servant de la peur de l’ennemi et du bonheur d’être dans le bon camp et de se soumettre au progrès qui n’a qu’une seule dimension (et dans cette dimension unique un seul sens).

Plus on y réfléchit, plus on est forcé d’admettre que ce n’est pas si simple. Et autour de 1984, il s’est peut-être joué quelque chose. Il existe un bruit qui se développe de façon assourdissante et redondante auquel il est de plus en plus difficile d’échapper. Contrairement au roman d’Orwell, il n’est pas le fait d’un ministère ou d’un gouvernement. Il s’agit bien entendu du marketing de la communication et du spectacle, tout ce qui colporte les messages émanant du le réel pouvoir celui qui se concentre naturellement dans les sociétés qu’on a autorisé à se développer hors de tout contrôle national.

Les injonctions que je reçois sont de jouer avec toutes les merveilles technologiques qu’on me donne pour acheter en ligne et à crédit tout ce dont j’ignore encore désirer si ardemment. L’ennemi qu’on m’agite pour me décourager de trop m’éloigner de mon hôtel ou de mon home cinéma sont le terroriste islamiste parfois aidé par le serial-killer.

Tout ça est un peu cliché non ?

Ça tient de moins en moins et on est moins dupe.

Il faut dire qu’il n’y a pas de responsable. Je pense qu’à tous les échelons de ce lourd fonctionnement, il y a majoritairement des gens de bonne foi, qui on la conviction d’agir sans choix ni alternative possible. Le vrai responsable est un état d’esprit qui pollue les recoins de nos imaginations. On a tous au fond de la tête un petit golden boy qui n’attend pour s’exprimer qu’une petite opportunité. Une petite affaire juteuse qui nous assurerait le regard admiratif de l’entourage en même temps qu’une rente agréable.

Heureusement grâce aux fonds de placements pourris, il y a eu une certaine prise de conscience. Et désormais, un fourmillement d’initiatives qui se préparaient dans l’ombre se retrouve progressivement dans la lumière pour qui sait regarder. Il y a des convergences de mouvements de relocalisations et de réappropriations de bout de marchés des niches oubliées ou juste trop petites pour intéresser les capitaux d’affaires. C’est des monnaies locales. Ou des terrains cultivés autant par goût du bon voisinage et de la biodiversité que par goût tout court. Bientôt peut-être le revenu de vie ?

Le Tiers-Monde est partout.

Si je devais revivre les années 80 je choisirai une autre voie.

En effet, il me semble aujourd’hui qu’on m’a trompé, à coup de « Vive la Crise », en me faisant croire que le monde n’avait pas besoin de mon intelligence, que tout était déjà sous contrôle. Tout m’invitait à m’orienter tranquilement vers les communications et les médias qui étaient tellement à la mode.

Bref, si je devais avoir une considération éthique, aujourd’hui, dans la même situation j’apprendrai sans doute l’économie (la masse monétaire, les flux). Tout ce que je voulais éviter à cette époque! Surtout en considération du ridicule spectacle de ces étudiants se sentant obligé de rivaliser en matière de cravate et d’attaché-case parce que cet uniforme correspond à l’idée qu’ils se faisaien de leur carrières prometteuses à venir. Ils étaient tristes et ennuyeux, fats et vains. Malheureusement, ce sont eux aujourd’hui (les plus efficaces du moins) qui mènent le monde! Et moi par mes choix fuyants je les ai laissés faire !

En choisissant leur branche de prédilection, j’aurais quant à moi chercher les moyens de démonter les pièges et combines que permettent les circuits financiers. Tout ce qui mène le monde à la catastrophe depuis 2008. Peut-être aurais-je su mettre un peu de rigueur mathématiques dans tout ceci en introduisant les paramètres que les économistes en place se plaisent à négliger volontairement: la limite des ressources naturelles notamment et entre autres.

En effet, il y a des pistes de recherche que je souhaiterais expérimenter dans ce domaine: comme semble-t-il l’euro est empêtré dans des règles que les pays ce sont fixés à son lancement, il serait peut-être imaginable de fonder une nouvelle monnaie avec des règles éthiques au vertus bénéfiques. L’euro comme le dollar semble-t-il engendre de la dette de façon automatique, de la dette publique car il force les états à se financer sur le marché privé.

Plus un pays a besoin de croissance, plus sa note chez Moody’s and Co est salée et plus les emprunts lui coûtent. Si bien que si cette croissance est efficace et plus elle est détournée par ceux qui n’ont fait qu’avancer des liquidités. Ce paradoxe est connu depuis longtemps dans les mécanisme des aides au Tiers-Monde qui ne font souvent qu’aggraver l’expropriation par l’endettement. Aujourd’hui le Tiers-Monde ce généralise à tous les états y compris les Etats-Unis et l’Europe. La finance ayant réussi à affaiblir les gouvernements par l’endettement.

Pour en revenir à mes utopies, ce que j’aurais aimé sonder c’est donc la possibilité de revenir à une monnaie affranchie des règles libérales. Une monnaie éthique. Le taux d’usure serait limité à disons 3%. Tout contrat dépassant ce taux pourrait être dénoncé et le créancier se verrait automatiquement interdit de banque centrale. Cette monnaie éthique priviligierait les prêts à des pays s’engageant dans des budgets allant dans le sens de l’intérêt commun. Plein-emploi (ou disons un taux maximum de chômage de 5%), investissement vers des défis de long terme, comme les énergies renouvelables, la réductions des transports, la décentralisation et la diversification des activités sur le territoire. La liste n’est pas exhaustive, et je n’interdis pas à d’autres de créer une autre monnaie pro-nucléaire ou encore nationale pour les passéiste.

On aurait alors la possibilité de faire un choix démocratique en choisissant la monnaie apparaissant sur sa fiche de paye!

Ah qu’il est doux de rêver!

Dans un autre domaine, celui du scrutin j’aurais aussi quelques idées pour réformer la vie politique. Gouvernement monastique (pauvreté obligatoire des élus par le renoncement à tout intérêt privé en échange d’une rente à vie). Scrutin par la proportionnelle en un seul tour ou par élimination (inspiré de la télé-réalité). Mais je ne peux pas indéfiniment retourner sur les bancs de l’université!